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Détails sur les composants des installations de recyclage
Filtration
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Label
eau de pluie
L’eau de pluie est garantie recyclable sans procédé de désinfection bactériologique si elle provient exclusivement des toitures et terrasses non accessibles. Les eaux pluviales issues du ruissellement au sol ne sont pas dans ce cas.
La compatibilité de la nature de la toiture avec certains usages est à étudier. Une toiture en cuivre peut apporter certaines réserves sur l'usage de l'eau recyclée pour l'arrosage d'un jardin de culture. La couverture de ces toitures peut être une étanchéité bituminée, ou végétalisée, même si dans ces différents cas l’eau aura une légère coloration, et ne sera par exemple pas utilisable pour des lave-linge, alors que l’eau recyclée a fréquemment cet usage dans le logement en Europe du Nord.
La filtration avant citerne est obligatoire pour éliminer les matières biologiques contenues dans les eaux collectées avant leur stockage. Cette filtration doit se faire par des filtres uniquement mécaniques, n’utilisant pas de consommables, ni de produits chimiques :
- soit par passage à travers une parois perforée verticale, positionnée au-dessus d’une zone de décantation : cette plaque perforée verticale doit être en inox, de maillage inférieur à 0,6 mm
- soit par effet vortex et centrifugation, ce qui permet de séparer l’eau des impuretés par leurs différences de capillarité : les impuretés s’évacuent alors par le bas du filtre, l’eau recyclée est dirigée dans son trajet centrifuge vers la citerne
Les filtres à charbons actifs et autres filtres adaptés à la filtration des eaux potables ou des eaux de piscine chlorées ne sont pas adaptés aux eaux pluviales.
Le ou les filtres doivent être dimensionnés de manière à supporter un débit compatible avec les pluies les plus importantes pour ne pas provoquer trop de pertes d’eau. Chacun doit être équipé d’un trop-plein évacuant les eaux excédentaires, soit vers le réseau, soit vers des espaces végétalisés, et conformément aux règlements en vigueur. Si le trop-plein de la citerne peut se rejeter dans les parties végétales du site, si celles-ci peuvent infiltrer les quantités d’eau émises, alors le recyclage contribue encore mieux à la rétention sur la parcelle.
La citerne de stockage doit satisfaire aux conditions suivantes :
L’arrivée d’eau soit se faire de manière à :
Une conduite arrivant en fond de citerne, par une canalisation recourbée vers le haut, est la bonne configuration.
La distribution d’eau recyclée à partir du stockage se fait par :
- Pompage immergé en inox, le moins énergivore, pour des hauteurs de distribution R+1 et inférieur à 50 m de distance
- Puisage d’eau à partir d’une crépine flottante et lestée, pour qu’il s’effectue à 10 ou 20 cm sous la surface de l’eau, de manière calme pour ne pas déranger le biofilm de surface
- Complément d’eau potable éventuel à partir d’un bac de disconnexion (type AA, Norme EN 1717)
Les matériels WISY et Mall sont compatibles avec ces prescriptions concernant la filtration, le stockage et la distribution.
Dans la norme DIN, la citerne ne doit pas être vidangée plus que tous les 10 ans, pour laisser un biofilm se développer en surface, ce biofilm permettant l’épuration de l’eau dans la citerne au fil du temps, et la minéralisation des matières biologiques éventuelles.
Dans ces conditions techniques, l’eau recyclée ne nécessite pas de traitement désinfectant. Les ajouts de produits chimiques sont proscrits. Ils attaqueraient en effet le biofilm formé à la surface de l’eau.
La pluie est par essence aléatoire, et irrégulière. Les données pluviométriques nous donnent des moyennes sur trente ans et masquent ces irrégularités.
Il est donc important que le stockage puisse se remplir confortablement.
Le principe de son dimensionnement doit se régler à partir :
- des données pluviométriques locales
- de la surface de toiture
Le rythme et l’importance relative de la consommation des usages ont un impact sur le dimensionnement.
Usuellement, on rapproche 3 semaines de ressources moyennes, de 3 semaines d’usages. Le volume de la citerne doit correspondre à au moins 3 semaines de ressources moyennes, mais peut aussi être calé sur la pluie décennale de la toiture. Le coût d’investissement du m3 de stockage diminuant fortement avec leur nombre, il peut en effet être très intéressant de prévoir un volume supérieur à ces 3 semaines de ressources pour optimiser l’efficacité de la collecte, et contribuer plus efficacement à la rétention de la pluie décennale.
Il faut aussi remarquer que plus les usages sont importants relativement à la ressource, plus la citerne est vite disponible...
Les données pluviométriques mensuelles moyennes sont données par département sur le site www.meteo.fr. Elles peuvent différer notablement d’un point à l’autre dans un même département, notamment en cas de différence d’altitude mais également de présence végétale et d'exposition au vent.
Les usages qu’il est possible de couvrir avec cette qualité d’eau sont étendus.
Pour le lavage du linge, certaines conditions doivent éventuellement être ajoutées : il ne s’agit pas à proprement parler de préoccupations sanitaires mais de dispositions visant à éviter toute coloration de l'eau (ce qui exclurait selon nos informations, l’eau provenant des toitures végétalisées, ou recouvertes d’une étanchéité à base de bitumes).
L’eau de pluie recyclée est particulièrement favorable aux usages de lavage, car étant moins calcaire que l’eau du réseau public, elle nécessite moins de produits détergents, détartrants, et assouplissants.
Les présentes prescriptions ne constituent pas un texte réglementaire ni une garantie juridique quelconque. Elles sont seulement destinées à aider les concepteurs, réalisateurs et maîtres d’ouvrage des installations de recyclage d’eau de pluie de toiture à obtenir une bonne qualité d’eau.
L'entretien des matériels prescrits est minimal. Il est a priori garanti en effet que le respect de l’ensemble de ces conditions permet d’éviter les dégagements d’odeurs, la naissance de bactéries pathogènes, la génération de dépôts excessifs ou problématiques.