Donner à l'eau une place telle dans le projet qu'elle
puisse y conserver sa qualité de ressource et ne pas
être dégradée en déchet
est un défi que nous nous attachons à relever sur
chaque mission qui nous est confiée, et qui nous
conduit à développer des concepts spécifiques et originaux, et validés
par les acteurs sur la base de notre expertise scientifique.
Deux concepts
du label eau de pluie : le "Bâtiment à eau positive"® et le "Site à eau
positive"
Un "Bâtiment à eau positive"
(marque déposée ®) est unbâtiment qui produit, à partir
des ressources en eau pluviale ou des eaux usées du
site qu'il est en
droit d'exploiter, plus d'eau utilisable par un usage humain qu'il n'en
importe (du réseau public, par extraction souterraine, ou par puisage
dans une eau de surface).
Un
"Site à
eau positive" est un site qui ne rejette pas d'eau
pluviale au réseau (qu'il soit pluvial ou unitaire), par un aménagement
en mileu naturel.
Des
réalisations d'aménagement conformes au label eau de pluie
Reconstruction
sur site du lycée
HQE Champlain à Chennevières sur Marne (94)
Région
Ile de France / PIXEA et De
Soos architectes - Isabelle Hurpy Etudes Environnementales
Les eaux
pluviales des toitures du lycée Champlain seront recyclées dans 270 m3 de
capacité, pour recycler quelques 3000 m3 par an. pour
approvisionner les chasses d'eau. Le lycée Champlain devrait être
un "Bâtiment à eau positive" ®. Les
eaux de ruissellement des cours et patios chemineront en surface, et
iront se
stocker dans les terrains argileux naturels et plantés, avant de
s'écouler en
surverse vers le réseau,
au très faible débit limite de 2 l/s.ha. On retrouve l'aspect du
paysage naturel
de la zone, puisque ce marais avait été asséché autrefois. Mais l'eau
qui ne parviendra pas à s'infiltrer sera évacuée, étant donné
que
le site est enclavé sur tout son pourtour.
Extension du théâtre 95 et aménagement des espaces publics (2007 - 2009) Communauté
d’Agglomération de Cergy Pontoise / GPAA Architectes mandataire - DMA
paysagiste urbaniste
Isabelle Hurpy Etudes Environnementales
: qualité environnementale et gestion de l'eau «
Opération pilote démarche HQE® et
bâtiments tertiaires »
Pour
répondre au programme, le projet ne pouvait pas que très
peu verdir
ce site au départ très minéral, mis à part un verger existant
qui restera
inchangé. Il a seulement été possible de ménager une zone
végétale en contrebas du site. Comment alors répondre à
l'objectif
du "label eau de pluie", qui cherche à minimiser les rejets au
réseau même dans les sites aussi denses ?
L'idée
a été de traiter cette zone végétale en fond de vallée. C'est
elle
qui reçoit les eaux de ruissellement du parvis dans le temps de la
pluie. Ensuite, les eaux de toiture des 2 salles du
théâtre,
l'ancienne et la nouvelle, qui auront été filtrées et
stockées dans une
citerne de recyclage située sous le théâtre au sous-sol du bâtiment
viendront rejoindre ce fond de vallée via le "fil d'eau", en
séquences intermittentes et programmées.
Cette gestion devrait permettre de restituer à la nappe
phréatique 80% des
eaux pluviales, sans
leur faire suivre un chemin forcé (puits d'infiltration).
Ce fil d'eaucrée une
continuité biologique et verte du verger au
jardin : il régulera le climat du quartier, apportera à la dalle
centrale de Cergy une fraîcheur
bien appréciable en été,et
irriguera son petit îlot de verdure.
ZAC des
Bois Rocheforts, Cormeilles en Parisis : un îlot d'activités sur le
Chemin de Paris
AFTRP
aménageur, Foncière Atland promoteur
/
Isabelle Hurpy Etudes Environnementales
/ Cabinet
Monique Labbé architecte, TALPA paysagiste, 2008 - 2009
Pour
un îlot d'activité, la question cruciale en matière de
gestion de l'eau est la présence d'importantes surfaces de parkings,
qui génèrent tout d'abord une forte minéralité (ici de l'ordre
de
80%), et ensuite des pollutions d'hydrocarbures délicates à gérer.
La réponse habituelle consiste en un ensemble de séparateurs à
hydrocarbures succédés de
bassins de rétention, avec des
coûts d'investissement et d'entretien lourds pour des dispositifs qui
n'apportent pas de plus-value qualitative au projet. Et ce
système se traduit par le rejet de 80% des eaux
pluviales au
réseau, une perte pour le milieu naturel..
Nous avons choisi un tout
autre système. Les eaux des
toitures sont filtrées, puis dirigées vers des noues (terme
adapté
puisqu'il s'agit bien de linéaires de surfaces végétales accompagnant
une voirie) peu profondes, situés sur le pourtour de l'îlot. Pour les
zones de l'îlot trop denses, ces eaux
de toiture sont stockées vers un
recyclage/rétention, rejoignant alors les noues en déphasage
après la
pluie, via un fil d'eau naturellement rafraîchissant et verdoyant.Les
eaux des parkings souillées par les hydrocarbures sont elles
dirigées par simple gravitation vers des surfaces végétales plates sur
lesquelles elles sont retenues et s'étalent, puis se filtrent : d'où ce
terme "d'écailles
filtrantes".
L'eau qui n'a pas le temps de s'infiltrer dans une écaille glissera
vers la suivante, et rejoindra au final la plus large noue
située
à l'Est de l'îlot où elle sera quoi qu'il en soit filtrée. Une couche
sableuse draine les eaux vers le point final du bassin de rétention, si
elles n'ont pas trouvé d'issue autre (sous-sol, évaporation,
végétal).
En faisant référence à une série d'études scientifiques qui
ont testé les séparateurs, ce concept de gestion
des eaux de voiries, reconnu
comme une première par l'aménageur, a été validé.En s'évaporant et en
irrigant le paysage, les eaux recyclées non
utilisées équilibrent le climat, et restituent au milieu naturel
l'essentiel de leur ressource.
Fil d'eau pluviale recyclée et intermittente, traversant le parvis
minéral du Théâtre de Cergy
Gestion des
eaux pluviales de ruissellement
au lycée Champlain à Chennevières sur Marne
(en chantier)
Gestion des eaux pluviales à
Cormeilles en Parisis : des écailles de pelouse pour filtrer les eaux
de parking
Des réalisations de recyclage d'eau pluviale
Restructuration
de la halle du marché à Saint-Denis (93) : recyclage des eaux
de toitures (2005)
Maître
d'ouvrage: Ville de Saint-Denis, Partenaire : Conseil Régional
Ile-de-France
Maîtrise d'oeuvre pour la restructuration : PCCP architecte, Isabelle Hurpypour la qualité environnementale
A l’occasion de
la restructuration
« HQE »
de la halle du marché, Isabelle Hurpy Etudes Environnementales a
proposé
à la Ville de Saint-Denis de choisir deux actions majeures dans
ce projet : l'amélioration de la gestion de l'eau, et
l’installation de 289 m² de panneaux
photovoltaïques en toiture.
Pour améliorer
la gestion de l'eau, le projet a choisi
de recycler la pluie des 4 000 m² de
toiture. Dans
ce
tissu urbain dense et 100% minéral, c'était un moyen d'assurer la
rétention de l'eau pluviale, et de soulager le réseau déjà
très saturé. C'était aussi autant d'eau potable
économisée.
Cette installation mise en oeuvre selon lesprescriptions
recyclage
du "labeleau de pluie", permet de
recycler plus de 2500 m3 d'eau / an en moyenne, pour l'approvisionnement des
toilettes de la halle du marché et pour le lavage des
voiries environnantes, après les marchés (remplissage des laveuses).
L'usage
régulier (marché trois fois par semaine) de cette eau,
permet
de vider la
citerne assez vite, et de la rendre disponible aux pluies suivantes, d'autant
plus que sa capacité est supérieure à la pluie décennale sur cette
toiture (150
m3 de volume utile pour une pluie décennale de 140 m3). Le
recyclage fonctionne
donc
également comme bassin de rétention des eaux de pluviales.
La
DDASS a été consultée en amont du projet, et a validé cette conception
en accordant une dérogation au réglement sanitaire départemental.
Le Conseil Régional s’est porté
partenaire financier pour la
réalisation d'un test de la qualité de l’eau produite par le
recyclage sur 18 mois, à partir d'une liste très complète de matières
qui y seront recherchées.
Le test devait démarrer plusieurs mois après
la
livraison du bâtiment, période nécessaire à la constitution d'un biofilm à la surface de l'eau de
la citerne.
Au final la subvention s'est reportée en
subvention classique à l'opération et le test n'a pas été
réalisé. Le Conseil Régional a
subventionné également, conjointement avec l'ADEME, les 289 m² de
capteurs
photovoltaïques installés en toiture.